Lorsque le Président de la République a confié le ministère du Budget à un grand leader de l’opposition, de surcroît un ancien Premier Ministre et inspecteur des finances, d’aucuns ont apprécié le casting, espérant avec raison que la dépense publique allait définitivement être rationnalisée et la chaîne de la dépense débarrassée des réseaux maffieux.
Du côté du ministère des Finances, l’opinion attendait la concrétisation de l’amélioration de la gouvernance promise, notamment sur le non recours aux paiements en mode urgence.
Il est malhereux de constater que au sein du ministère du Budget et celui des Finances, les antivaleurs et les pratiques obscures telles que la corruption, le coulage des recettes et la retrocommission ont la peau dure.
A en croire des observateurs et certaines ONG, la chaîne de la dépense ressemble aujourd’hui à une kermesse des prédateurs de fonds publics, dont le travail ne consiste plus qu’à traiter des créances des fournisseurs auprès de qui ils sont sûrs de bénéficier des retrocommissions. C’est ainsi qu’en ce moment, il n’y a que les mêmes opérateurs économiques et fournisseurs faisant partie des réseaux maffieux affiliés à la chaîne de la dépense qui voient leurs factures être honorées.
A en croire des indiscrétions, les fonctionnaires affectés à la chaîne de la dépense sont devenus des millionnaires, au vu et au su des autorités gouvernementales et judiciaires. Fort de l’impunité dont ils jouissent, les agents et cadres de ces deux ministères ont érigé la retrocommission en une pratique légale et personne ne s’en offusque : ni le VPM du Budget ni notre Argentier national.
Le Tonnerre